L ’impressionnante et superbe noria d’hélicoptères militaires qui a porté la venue au World Economic Forum de Davos du Président des États-Unis m’a donné l’idée d’un billet d’humeur, que je baptise volontiers du nom de son auteur, notre cher capitaine Laurent SaintEspes.
En effet, le ballet suivi en direct par les journalistes des chaînes d’information m’a confirmé dans l’idée qu’ils sont peut-être bons, et encore pas toujours, dans la relation ou le commentaire d’événements importants mais complètement ignares en matière d’hélicoptères ! Ce que d’ailleurs j’ai pu, et pas seulement moi, vérifier en d’autres circonstances et occasions.

Où l’on s’aperçoit, dès que l’on est spécialiste ou bon connaisseur d’un sujet, quel qu’il soit et pas seulement aéronautique, que les propos tenus sur les antennes ou les écrans sont souvent inexacts, incomplets, erronés pour ne pas dire complètement faux, déplacés ou à côté de la plaque…voire impertinents ou inappropriés.

C’est ainsi que je me suis amusé à relever les noms donnés aux Sikorsky VH-60N White Hawk aux couleurs de Marine One* pour la circonstance, aux Sikorsky UH-60 Black Hawk de l’US Army qui les accompagnaient et aux Pumas de l’armée suisse qui les entouraient. D’abord confondus avec les nouveaux VH92-A de la Présidence américaine restés aux USA, ils se sont appelés, selon les chaînes de télévision ou les stations de radio, Écureuil, Puma, Gazelle etc… quand ils n’étaient pas traités d’Alouette ou simplement d’hélicoptères faute de nom à leur donner.
*mis en œuvre par le fameux HMX1 (voir encadré)
Le VH-92A Patriot, cœur du Marine One présidentiel
Le Sikorsky VH-92A « Patriot », dérivé civil du S-92, est l’hélicoptère officiel de la présidence américaine depuis 2024, succédant aux VH-3D Sea King et VH-60N White Hawk. Avec 23 mètres de long, une capacité d’emport de 14 passagers et une autonomie de 930 km, il offre un confort supérieur pour les déplacements du président Trump, comme son transfert récent de Zurich à Davos en janvier 2026.
Ses particularités sécuritaires sont exceptionnelles : blindage balistique intégral, contre-mesures antimissiles infrarouges (leurres DIRCM), protection EMP contre les impulsions électromagnétiques, et communications cryptées pour les ordres nucléaires. Sa livrée blanche distinctive et ses rotors à 5 pales assurent discrétion et puissance (4 380 shp), même en haute altitude.
L’escadron HMX-1 (« Marine Helicopter Squadron One »), basé à Quantico (Virginie), l’exploite exclusivement. Créé en 1947, cet unité d’élite de 700 Marines gère la « Cage » VIP ultra-sécurisée et des tests OT&E. Ses pilotes, habilités Top Secret, volent en convoi de leurres pour protéger le président lors de missions comme Davos.
Bon, je veux bien que l’on ne demande pas aux chroniqueurs, qui rendent compte de sauvetages effectués en montagne par le PGHM, de savoir faire la différence entre H135, 145, 145 D3 etc… (et d’identifier les rares nouveaux H160), mais il me semble quand même, que la différence entre une bonne vieille Alouette française (sans exiger qu’ils connaissent la différence entre une II et une III) et un Sikorski américain, en l’occurrence, devrait faire partie de la culture générale aéronautique minimale exigée des journalistes, appelés à rendre compte de tels moments importants dans lesquels nos hélicoptères jouent un rôle essentiel.
Mais je suis sans doute trop exigeant, à l’heure où l’ignorance et son acolyte, l’écriture inclusive, font figures de vertus cardinales ! Ce qui me renvoie à la question d’un berger auprès duquel j’avais dû me poser naguère, cause météo, à la tombée de la nuit au pied du Gerbier de Jonc, question qui témoignait déjà d’un début de connaissance sympathique : « C’est quoi ça monsieur, un ou une hélicoptère » !!!
Gérard DAVID
L’auteur
Gérard DAVID, pour les adhérents des Ailes de la Gendarmerie, est membre du bureau de notre association dont il assure les relations publiques (entreprises du monde de l’aéronautique). Instructeur et examinateur pour les avions, les hélicoptères et les hydravions, il totalise plus de 16800 heures de vol. Normalien, ancien directeur des relations extérieures de Dassault Aviation, notre ami est une personnalité de premier plan de l’aviation générale, et, notamment de l’hélicoptère, puisqu’il est le président-fondateur de l’Union Française de l’Hélicoptère (UFH). Gérard est aussi bien connu du vol en montagne (il fut président de l’aéro-club de Méribel), des avions de collection (président de Dassault Passion) ou encore de l’hydraviation.

Bravo et merci mon cher Gérard.
Permet moi de rajouter mon grain de sel à ta diatribe.
Tu as dû noter comme moi avec exaspération la confusion fréquente faite par les commentateurs TV entre « armes longues » et «armes lourdes » !!!
La différence entre un FRF1 et un obusier de 145 devrait pourtant faire partie des évidences de nos journaleux …