Image mise en avant : L’Alouette 3 JBO pilotée par Jean Louvet. Photo :J.Louvet.
Le 21 avril 1996, l’Alouette III Bravo Oscar (SA319 n°2045 F-MJBO) s’abîmait sur les flancs du Pelvoux, emportant la vie de son équipage, l’adjudant-chef Xavier Chandelier, et son mécanicien, l’adjudant Yves Granados.
C’était un dimanche après-midi, l’équipage d’alerte au DAG de Briançon est appelé pour intervenir dans le couloir nord, du col est du Pelvoux (3946m) où deux alpinistes sont bloqués et dont un est blessé. Xavier et Yves emportent à leur bord leurs camarades CRS spécialistes du secours en montagne.
Après avoir hélitreuillé les policiers au contact des infortunés, ils effectuent une première rotation avec le blessé en direction de l’hôpital de Briançon. Sitôt déposé, c’est le retour vers les lieux de l’intervention où les conditions météorologiques se sont dégradées. Ils sont obligés de faire un point d’attente au refuge du glacier Blanc d’où ils peuvent observer les lieux.

A la faveur d’une éclaircie, malgré les nuages bas environnants, ils remettent en route et remontent le Glacier Noir, par le ravin de l’Encoula, en direction de la face nord du Pelvoux. Ils rasent les flancs du versant sud du pic Coolidge et effectuent un virage pour rejoindre les flancs nord-ouest du Pelvoux. Sur place la situation n’est pas très bonne, ils sont séparés du CRS et de la dernière victime par une couche de stratus. Au-dessus le soleil brille, à leur niveau c’est la purée de pois… Peut-être espéraient-ils remonter le couloir nord en prenant l’arête rocheuse comme repère, c’est une manœuvre qu’ils ont due, moultes fois réaliser dans d’autres secours, mais à cet instant les conditions se dégradant plus que de mesure, ils sont obligés de renoncer pour revenir au refuge.


L’Alouette 3 plonge vers la vallée à vitesse élevée et c’est le drame, elle heurte une bosse de neige que Xavier n’a pu détecter. Notre camarade a vraisemblablement été victime d’un phénomène de « jour blanc » une illusion sensorielle qui trompe les sens : les nuages se confondent avec neige, c’est l’un des dangers de la montagne pour les pilotes d’hélicoptères. L’équipage meurt sur le coup, sous l’effet de la violence de l’impact. Le gardien du refuge qui a tout observé depuis sa position, donne l’alerte.
Affecté au DAG de Briançon en 1990, le major Yves Chandelier était âgé de 37 ans (né le 21 mars 1959 à Arras – 59-) , il totalisait 19 années de services. Il était marié et père de deux enfants (une fille de 13 ans et un garçon de 11 ans). Il est décoré à titre posthume de la Médaille militaire, de la Médaille de la Gendarmerie et de la médaille d’Honneur pour Actes de courage et de dévouement (éch.or).
Affecté au DAG de Briançon, à son retour de Nouméa, en 1994, le major Yves Granados était âgé de 39 ans (né le 02 décembre 1956 à Saint-Etienne -42-), il totalisait 21 ans de services. Il était marié et père de deux filles. Il reçoit également à titre posthume la Médaille Militaire, la Médaille de la Gendarmerie et la Médaille d’Honneur pour Acte de Courage et de Dévouement (échelon or).
Leur mémoire est honorée au pré de Madame Carle ( 1 900 m.) dans la vallée de la Vallouise au pied du Pelvoux où une stèle commémore leur acte héroïque ou cours duquel pour sauver une vie, ils ont donné les leurs.

Ils ont donné leurs noms à deux promotions de sous-officiers de l’école de Gendarmerie de Montluçon : pour Xavier, en 2012 pour la 319ème promotion et pour Yves, en 2014 pour la 338ème promotion.
