Notre camarade le chef d’escadrons Eric Guichard, moniteur pilote d’hélicoptère et commandant de la Section Aérienne de la Gendarmerie de Briançon, nous livre une part de sa personnalité dans une interview, intimiste, livré à la chaîne LaHaut TV, consacré aux personnalités de la montagne.

Éric termine bientôt une brillante carrière dédiée au secours en montagne, il décrit son enfance, sa formation de pilote et aborde ses expériences aux commandes des hélicoptères sur lesquels il affiche plus de 7000 heures de vol .

Pour le commun des mortels, il faut savoir que pour un pilote doublé d’un sauveteur en montagne, les heures de vol ne comptent pas, elles se chiffrent surtout en milliers de mises en route, parce qu’un hélicoptère de secours fait parfois plusieurs missions dans un seule heure, mais ces heures représentent surtout des personnes secourues, extirpées de milieux hostiles, parfois dans des conditions extrêmes.

Notre camarade parle justement de ce secours dans le pilier sud de la Barre des Écrins , où il a frôlé la catastrophe pour son secouriste, une île d’histoire assez incroyable, qu’il faut absolument l’entendre raconter.

L’emport de carburant sur hélicoptère en haute montagne, c’est 35 minutes de vol opérationnel maximum

Éric évoque la problématique de l’EC 145C2, l’appareil encore en dotation dans les FAGN, qui n’est plus adapté aux conditions climatiques qui règnent aujourd’hui en haute altitude l’été, le fameux réchauffement climatique. On apprend une chose qui va paraître incroyable aux pilotes professionnels d’avions : l’emport de carburant sur hélicoptère en haute montagne, c’est 35 minutes de vol opérationnel maximum, pour alléger la charge et préserver les qualités de vol de l’appareil en haute altitude. On imagine les contraintes générées sur la psychologie de vol de l’équipage, 35 minutes de kérosène avant le passage sur la réserve de carburant, il ne faut pas se louper dans les calculs !

On comprend qu’il est temps pour la gendarmerie, à l’instar de la sécurité civile, de changer de machine, les capacités opérationnelles des unités de la gendarmerie en seraient grandement améliorées.

Si Éric est un opérationnel de très haut niveau, il n’en reste pas moins empreint de la sagesse des gens de la montagne lorsqu’il dit que : “ l’homme n’est pas né pour voler, il fait voler du matériel mais ce n’est pas un oiseau. La montagne reste plus forte que nous, il faut tout le temps rester très prudent, très modeste , très humble.

En tout cas, bravo à notre camarade pour cette carrière exceptionnelle dédiée au service de nos concitoyens et du secours en montagne. Nous lui souhaitons une excellente fin de carrière aux commandes de ses chers hélicos et de sa chère montagne.

Laurent SaintEspes

2 commentaires

  1. Un super reportage pour un pilote instructeur de grandes compétences et de bienveillance exceptionnel.

    il sait avec tact humilité modestie entretenir cet esprit de cohésion si cher au Général Daniel Leimbacher pensées à lui..

    C’est toujours un plaisir d’entendre voler aux dessus de nos têtes l’Ec 145 ou le H145 D3 pour un entraînement soit pour des missions  » de routine » ou plus conséquentes.

    Diverses variées elles s’enchaînent et ne laissent le temps en saison haute au moindre répit. Et les mécaniciens s’affairent promptement et minutieusement à leurs tâches. Il fait partie de notre environnement et nous avons toujours une pensée pour l’équipage.

    Un engagement bien conduit et ordonné pour le secours en montagne et des missions adaptées et exigeantes ainsi lorsqu’un pilote instructeur Commandant de la Base René Coulon se dévoile avec modestie discrétion il ne peut qu’attirer respect et admiration.

    Grâce aux pilotes et mécaniciens et leurs réflexions pertinentes de vol les voilures tournantes évoluent avec les interventions référentes.

    Merci Eric de nous avoir présenté ces belles compétences.

    Même sans être pilote très intéressant de connaître le parcours des pilotes hors norme et de leur engagement 🇨🇵👌🚁

  2. Quelle humilité, et quel cran ! L’aérologie en montagne; surtout l’été, réserve bien des surprises.C »est le professionnalisme qui assure le succès de la mission.Malheureusement, il arrive que cela ne suffise pas, comme pour ce dernier accident dans la Loiret. Toutes mes condoléances à la famille de ce gendarme décédé en mission. L’enquête devra déterminer les causes de l’accident mais le drame est bien là. Le respect s’impose.

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