Dishar Athif est un photographe qui vient de réaliser quelques prises de vues du H145D3 d’Airbus Helicopters qui ont été très vite remarquées par les spécialistes du monde de l’hélicoptère. En effet, celui-ci a trouvé l’occasion de prendre le tout premier modèle du futur bi-moteur des Forces Aériennes de la gendarmerie Nationale, alors que les équipages du Centre de Vol en Montagne (CVM) de la Gendarmerie de Briançon le testait en haute montagne ». L’auteur confie aimablement aux Ailes de la gendarmerie et à Aerogend.com, ces clichés magnifiques pour notre plus grand plaisir.





Interview de Dishar Athif
Peux-tu nous dire d’où vient ta passion de photographe ?
J’ai débuté comme spotter inexpérimenté à l’origine, puis je suis devenu photographe professionnel par la suite ou plutôt plus précisément artiste-auteur officiellement. Depuis cet été cela fait pile 20 belles années que je m’adonne assidûment à la pratique de la chasse aux belles voilures, qu’elles soient tournantes ou fixes, mais j’avoue tout de même qu’à ce jour, j’ai quand-même une large préférence pour les premières, surtout quand elles sont flanquées d’une cocarde tricolore !
D’ailleurs tout a commencé avec une Alouette toute rouge, puis un Choucas tout bleu, ensuite est arrivé la première ambulance du ciel de l’hôpital principal de la ville, pionnière et interdépartementale…
Désormais cela fait un peu partie de moi, c’est presque dans mon ADN, j’ai gardé intacte mon âme d’enfant, rêveur avec des étoiles plein les yeux, à mi-chemin entre le ciel et la terre. C’est sans aucun doute grâce à l’héritage transmis par les pionniers de l’aviation d’hier et d’aujourd’hui et qui nous fascinent depuis longtemps, tant les plus petits que les plus grands. Mère nature est également très impliquée…
Et professionnellement ?
D’un point de vue plus professionnel et personnel, j’ai à la base une formation de lettres et langues que j’ai délaissée au profit du graphisme, j’ai toujours été fasciné par la magie de l’image depuis ma plus tendre enfance. J’ai une passion encore plus forte pour la musique, concevoir l’existence sans musique m’est impossible j’ai donc été de longues années DJ avec une belle carrière dans l’univers de la nuit en parallèle de mes activités dans la com’. C’est d’ailleurs pour l’anecdote le graphisme qui m’a amené à apprendre de
manière autodidacte la photographie, pour les besoins des clients… Mon métier de troubadour noctambule les nuits, généralement les weekends et veilles de fêtes me
laissait donc pas mal de temps libre en semaine pour pratiquer la photographie aéronautique.
Tu es donc localement situé sur le massif?
Non, mais j’ai conscience d’avoir l’immense privilège de vivre dans la capitale des Alpes, au sud de Grenoble. Une ville idéalement située dans l’hexagone pour pratiquer la photo sans modération, avec des terrains remarquables dans un périmètre de 100 à 200 kms. Avec de surcroît tout proche de chez moi, un aérodrome et des DZ très intéressantes avec des expositions privilégiées. De plus et c’est là tout l’intérêt nous avons ici une grande diversité de machines civiles et même militaires d’ailleurs, souvent de passage, et venues des quatre coins de France. Plus rarement parfois, ayant parcouru plusieurs milliers de kilomètres depuis le territoire d’un allié étranger comme la visite surprise d’un
spectaculaire et imposant Seahawk de la Marine Danoise. Mais surtout le plus remarquable pour moi comme dans une mise en scène parfaite, c’est la beauté des décors naturels des Massifs somptueux alentours servant d’écrins comme pour mieux sublimer tous les aéronefs dans le viseur de l’objectif, à l’Ouest le Vercors, à l’Est Belledonne et entre les deux la Chartreuse. Des panoramas à couper le souffle au gré
des saisons particulièrement éblouissants l’automne, l’hiver et au printemps…
Il y a des modèles qui t’ont inspiré plus particulièrement ?
Les « grandes femmes et hommes » de l’histoire de l’aviation, d’hier à aujourd’hui comme à titre d’exemple Léonard de Vinci, Antoine de St Éxupéry, Catherine Maunoury, Thomas Pesquet, Marty et tous les autres, si nombreux, ont toujours suscités un vif intérêt pour moi. Bien-sûr ll y a également la littérature mythologique et moderne, Icare, le Tour du monde en 80 jours… Le cinéma, Tanguy, Les Chevaliers du Ciel, Supercopter, Top Gun ou encore pour qui aime les hélicos La chute du Faucon noir, etc… La BD, les séries animées populaires américaines ou japonaises, comme Les Sentinelles de l’Air, Albator… Univers imaginaire entre rêve, réalité et science-fiction.
D’autres sources d’inspirations, les magazines spécialisés, les musées, les expos, les salons, les JPO, les meetings… Bien-sûr mes modèles sont une noria de photographes
inspirants, le chef de file mondialement célèbre étant selon moi le japonais Katsuhiko « Katsu » Tokunaga, puis il y a quelques français plus discrets comme les phographes-journalistes Frederic LERT, Henry-Pierre Grolleau, et d’autres trop nombreux pour être tous cités. Bien-sûr il y aussi les médiatiques et talentueux Rémy MICHELIN et Anthony PECCHI… Évidemment je n’oublie pas les artistes de tous horizons, anonymes ou célèbres comme notamment les talentueuses et très créatives peintres de l’Air comme Céline MANETTA ou bien encore Laurence B. HENRY…
La photographie aéronautique c’est donc un moyen de se projeter dans un autre monde?
C’est une façon d’apprendre, de partager, et de transmettre autour des merveilleux mondes enchanteurs de l’aéronautique. C’est presque à chaque fois hypnotisant, même si la pratique peut parfois se révéler décourageante et devenir très exigeante et frustrante, il faut donc savoir patienter de longues heures, tout en restant discret presque à l’affût. Il ne faut pas craindre d’affronter des conditions climatiques hivernales ou caniculaires, -20°C dans la Bièvre en Isère et +50°C à Marrakech… Mais heureusement, régulièrement, les efforts ne sont pas vains et la récompense est au bout, avec une pépite capturée et la satisfaction d’une mission bien accomplie un peu à l’image d’un photographe animalier ou d’un reporter…

Bonjour j’ai eu grand plaisir à découvrir le H145 D3 ….timidement j’ai fait quelques clichés pour ma curiosité personnelle sans dévoiler le secret de sa venue.
Fallait il oser…? Dishar l’a fait ses clichés sont magnifiques et l’H145 D3 a un futur bel avenir dans nos Ecrins .
Merci à Eric de m’avoir informée pour la suite…l’évolution des voilures tournantes est sur le bon chemin …les essais en montagne se sont avérés satisfaisant . Je l’ai vu et entendu voler plus silencieux et reconnaissable les pilotes s’aguerrissent et s’affinent de compétences de plus en plus pointues . Dans la cellule la VEMD est digne de celle d’Airbus le pilotage devient très performant et son pilotage automatique concentre le pilote dans ses missions. Son fenestron assure sécurité au pilote et personnels au sol..
Je vais suivre avec grande attention passion et orientation cette évolution.
Merci à Dishar Athif pour ces clichés il a eu la délicatesse de me demander le nom du Sommet du Montbrison et son particulier Château du Gouverneur très visible depuis les Fag.
Bien cordialement à vous
Marie-France Leclerc